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Essai

Les réflexions d’une quinquagénaire

1995-2002


Introduction


J’avais imaginé vivre une cinquantaine maudite ou toutefois, qu’elle serait un cap difficile à passer, voire psychologiquement insurmontable. Quoiqu’il en fût, je savais par avance, que je ne pouvais me soustraire à la transcription précise du profond bouleversement extirpé de mes entrailles. Ce dernier étant lié à la transsubstantiation chimique du cerveau dont la cause est une modification hormonale appelée « ménopause ». 

Si j’écris ceci aujourd’hui, çà n’est point dans le but d’admirer un ego exacerbé, mais plutôt celui de partager les connaissances acquises, seulement animée du désir omniprésent de pénétrer le sens de toute chose. Pourtant, ne serait-il point l’aide idéale – l’ego - autorisant d’étayer un itinéraire impénétrable, à un moment où les énergies vitales diminuent de trente pour cent, où les carences et abus alimentaires mettent  au jour des symptômes inexpliqués ? Ces derniers conduisent généralement devant un membre du corps médical débordé et la chose ne manquera pas de grignoter le reliquat de forces vitales déjà fébriles à la suite de quatorze heures de travail obligé, qu’il soit rémunéré ou pas.

Dans l’état d’esprit imparfait où j’étais, j’achevais la lecture de : «L’enfant des lumières » dont l’auteur  - Françoise Chandernagor - interrogée en fin d’ouvrage, explique ses motivations dont voici un extrait.

« Bien sûr, le rapport mère enfant est un thème romanesque très riche, donc souvent développé, mais les romanciers le traitent toujours du point de vue de l’enfant : qu’on songe à Mauriac, à Pagnol, à Green, à Proust… Il est vrai que les romanciers sont plus souvent fils que mère ! Mais, fait étrange, les femmes écrivains, qui auraient pu aborder les choses sous un autre angle, se sont, elles aussi, plus volontiers identifiées à l’enfant qu’à la mère – ce qui donne du reste des pages magnifiques comme le portrait de Sido par Colette…. Au fond, sur la relation mère enfant telle que la mère peut la vivre, il n’y a guère, dans toute la littérature française, que Madame de Sévigné qui s’exprime et nous éclaire. Encore s’agit-il d’une correspondance et non d’un roman. »

J’insiste donc, sur le fait qu’à cet âge, la plupart des femmes des pays riches commence à ressentir des malaises, associés à une consommation excessive de plats industriels - faute de temps consacré à la cuisine – à l’absence de repos prolongé, les contraignant à se couler dans des moules différents au cours d’une même journée : épouse ; secrétaire ou autre ; mère aimante - patiente – éducatrice ; préceptrice ; femme de ménage ; cuisinière ; à l’occasion couturière, repasseuse pendant les vingt cinq années précédant la ménopause ! Plongée au milieu de pareil imbroglio, où trouver le temps nécessaire à la réalisation de recettes diététiques, comme le fait magistralement Rosemary STANTON qui a publié en Amérique, puis en France : La cuisine saine, édité chez Köneman ?

Aussi, la note sera-t-elle chère payée et les carences en nutriments ne manqueront guère, entraînant hypertension artérielle suivie généralement d’hypotension ; d’un taux d’acide urique dépassant la norme, d’un excès de lipides, de glucose dans le sang, ce dernier étant lié au plaisir d’avaler des petits gâteaux délicieux dont les rayons des supermarchés abondent. Bref, les résultats d’analyse du sang les amèneront à ingurgiter une dizaine de comprimés par jour en vue de rétablir rapidement un état de santé déficient.

Quand la prise inconsidérée d’aliments riches en sucre rapide et en graisse saturée aura modifié le galbe d’un corps jusque-là demeuré frêle,  renforçant atrocement la taille, la «culotte de cheval» des effets secondaires pernicieux apparaîtront et le médecin prescrira encore des remèdes venant grossir la liste des premiers ! Ce cercle infernal mis en place, l’intoxication médicamenteuse guette, modifiant irrémédiablement la composition chimique du cerveau, qui ne sera plus à même de s’atteler à une tâche aussi ardue qu’est l’écriture d’un manuscrit autobiographique, bien plus douloureux à arracher qu’un  roman historique, qu’une fiction.

Suite I

Seulement, ma première passion a été la couture : c’est-à-dire la création de jupes, de robes, de manteaux, de tailleurs «dernier cri». Je pris alors un plaisir fou, à projeter des formes - sur une feuille du carnet de papier à dessin - avant d’en délimiter le contour, armé d’une craie tailleur, sur le tissu. Sitôt rentrée de l’école, puis du travail,  je n’avais qu’un objectif : insuffler du volume, à une surface plane, imaginée dans la rue, le métro, la salle de classe, au bureau.

La seconde fut non moins violente et curieusement plus doucereuse, découvrant, émerveillée, les profondeurs de la psychologie moderne : récitant en cheminant  vers le lycée, la définition du complexe d’Œdipe, le rejet des responsabilités, la «dette» contractée à la naissance envers ses parents, dont nous nous acquittons envers nos enfants etc. 

La troisième passion fut l’Amour démesuré, porté à un mari de dix-neuf ans à peine : grand, maigre, doté d’une longue chevelure blonde, de larges mains solides, d’une voix presque inaudible, sachant néanmoins par cœur les numéros du plan comptable ! Mentalement, il ne me quitte guère, excepté pendant mon sommeil, même s’il récupère depuis une trentaine d’années à mes côtés.

La quatrième a été une véritable adoration vouée à mes filles, laquelle s’est amenuisée à leur adolescence qui fut pour les deux : tumultueuse, troublante, extrêmement éprouvante à mon endroit !

La cinquième fut la consécration de l’apprentissage de la mode - débutée à quatorze ans – concrétisée par l’ouverture d’une boutique de prêt à porter féminin à Paris 18ème.

La sixième a été l’initiation à la voyance et à l’astrologie. Même si les prédictions du tarot de Marseille (initiatique) obtinrent un succès inattendu parmi le public,  même si l’apport financier des consultations couvrit juste les annonces publicitaires, alors que les candidats à l’astrologie furent inexistants !

La septième passion bien que purement livresque est née en appliquant les concepts de la doctoresse Kousmine. Pour recouvrer la forme physique de mes vingt ans, j’ai adapté mes habitudes alimentaires aux préceptes de la Doctoresse, introduisant dans mon alimentation dès décembre 1991 des céréales complètes biologiques,  des graines oléagineuses, des fruits secs, l’huile de tournesol biologique pressée à froid, puis celle de Colza.

Semaine après semaine, en une année, j’ai réduit l’apport de viande rouge à trois parts hebdomadaire, délectant davantage de fruits frais au petit déjeuner, y introduisant également la célèbre crème budwig. A l’issue de la deuxième année, je fis l’acquisition d’un moulin à grains électrique et d’une floconneuse manuelle. Le premier, produit de la farine fraîchement moulue, servant à la fabrication du pain, de la pâte à pizza, de nombreuses pâtisseries et la seconde débite des flocons de Millet, de graines de tournesol, de lin blond, brun.. qui contiennent l’intégralité des nutriments.


La huitième passion a été la communication par l’esprit en écrivant inlassablement les évènements qui ont jalonné ma vie, à l’image de dizaines d’auteurs anciens et nouveaux. La communication par l’esprit est opposée à celle du sang qui génère elle, la descendance.

La pratique du dessin, de la peinture à l’huile sur toile sera, peut être, l’ultime passion de mon existence... certainement jusqu’à épuisement des forces vitales. Le sachant intimement de longue date, n’ai-je point eu le courage de renoncer aux tâches quotidiennes obligatoires afin de projeter sur une toile tendue entre quatre tasseaux, posé sur le chevalet, de la gouache colorée, savamment mélangée sur une palette de bois, laquelle serait coincée entre le pouce et l’index de la main gauche.

Je les aurais installés bien sûr, dans un coin caché de l’appartement, à côté de la fenêtre et les jours de grâce en pleine campagne, à l’image des impressionnistes d’antan. Tâches obligatoires, ai-je écrit plus haut ? Les tâches ménagères sont par définition répétitives, donc ingrates présentant toutefois l’indéniable avantage de se mouvoir ensuite, dans un espace agréable, propre, bien aéré et parfaitement rangé. En cuisine, le congélateur ainsi que le réfrigérateur dénombre les ingrédients nécessaires à une alimentation équilibrée.

Un semblant d’art de vivre exige un minimum d’investissement mental et physique rigoureux, où le moindre relâchement serait synonyme de chef-d’œuvre en péril.

J’exercerais donc, le merveilleux métier d’artiste peintre, uniquement quand j’aurais tout «dit» à mes congénères, heureux de me lire.   Mais, pas seulement. Le rêve franchira la réalité, quand j’en aurais fini, avec ce terrible combat intérieur qui me pousse inexorablement à m’affranchir de l’antre familial douillet, sécurisant afin de m’engager ailleurs de façon à demeurer forte ! Ainsi, projetterais-je sur la toile une sensibilité réconciliée avec les ignorants, les fous du pouvoir, de l’argent, les malades de la drogue parce que j’aurais pardonné à l’humanité entière ses erreurs, ses mensonges, ses leurres enseignés volontairement dans les écoles, les collèges, les universités. Ce laisser-aller à une certaine douceur de vivre, le remplissant d’images célestes, de paysages de campagne, des rues des villes, des ports de Cabourg, de Honfleur ou d’ailleurs, voilà toutes mes réelles ambitions.


 





  
Les réflexions d'une quinquagenaire