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Kousmine

  


Extraits des livres de la Doctoresse Catherine KOUSMINE

Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus, édité chez SAND et SAUVEZ VOTRE CORPS ! Chez Robert Laffont.  


Présentation de l’auteur.

La Doctoresse Kousmine est née en 1904. Lauréate de l’Université de Lausanne en 1928, installée comme médecin praticien en 1934, elle a pendant toute sa vie consacrée une partie de son temps à la recherche médicale. Pendant dix ans, elle a travaillé avec l’Université de Zurich, et ensuite de façon indépendante. Ses recherches ont porté principalement sur le cancer et sa  prévention. Voici ce qu’elle écrit. 


«Comme je le constate tous les jours, quels que soient leurs pays d’origine, l’ignorance des jeunes médecins en matière d’alimentation est totale, tout comme était totale la mienne à l’époque de mes études en 1922-1928. On ne leur a rien enseigné. Certes, comme eux j’ai appris que le corps humain devait remplacer à mesure de leur usure les protéines, les hydrocarbures et les graisses,  dont il est formé, de même les vitamines et les matières minérales à mesure de leur perdition. Que la valeur des aliments était exprimée en calories, autrement dit, en quantité de chaleur fournie par leur combustion, que celle-ci ait lieu à l’intérieur ou à l’extérieur de notre corps : 4 calories par gramme d’hydrocarbures et de protéines, 9 calories par gramme de corps gras. Il faut en tenir compte dans le calcul des calories dont nous avons besoin au quotidien, soit : 1 gramme de protéine par kilo et par jour dès l’âge de 40 ans. » Je poursuis la citation


« Pédiatres exceptés -et encore- les jeunes médecins n’ont pas appris à s’intéresser à ce que propose le marché des matières premières alimentaires, ni à ce que leurs malades consomment. Ils ne savent rien des techniques industrielles, ni de l’impact qu’elles pourraient avoir sur la santé. Ils savent fort peu de choses  des modes de préparation culinaires et de la détérioration que peuvent subir là, nos aliments. En réalité nos connaissances en matières d’alimentation sont très restreintes. Nous savons ce que devient une molécule d’amidon sous l’influence des sucs digestifs. Comment elle se transforme en sucre simple, comment elle traverse la paroi intestinale avant d’être assimilée ; nous savons comment les protéines sont réduites en leurs constituants, les acides aminés -briques- à partir desquelles nous reconstruisons nos propres protéines.

Nous savons aussi comment les molécules grasses sont simplifiées, puis résorbées. Mais les aliments que nous mangeons et qui proviennent de la nature vivante présentent une structure aussi complexe que nous-mêmes, qui sommes faits de milliers de molécules différentes. Celles qui n’appartiennent à aucune des catégories mentionnées ci-dessus et qui déterminent en particulier le goût et le parfum des aliments, que deviennent-elles dans notre corps ? Grande est notre ignorance en ce domaine.

L’école d’alimentation naturelle allemande m’a enseigné qu’en consommant régulièrement des CEREALES fraîchement moulues et crues, la santé des gencives s’améliore. A cette époque, j’avais 45 ans, mon dentiste m’a prévenue que je ne pourrais pas conserver mes dents bien longtemps car elles branlaient toutes.  Après avoir consommé régulièrement, pendant deux mois, des céréales vivantes fraîchement moulues, mes dents sont redevenues solides ! Pourquoi ? Par quel mécanisme ? Cette action pourrait être attribuée à l’action bénéfique d’hormones végétales appelées auxines, présentes dans les graines vivantes et détruites par la cuisson... Que sait-on d’autre sur  les auxines et sur leur rôle nutritionnel ?

LA CUISSON, D’UN COTE AUGMENTE LA GAMME DES SUBSTANCES COMESTIBLES EN LES RENDANT MOINS DURES, PLUS FACILES A MACHER, PUIS A DIGERER ; DE L’AUTRE, ELLE APPAUVRIT NOS ALIMENTS EN VITAMINES. Nous ignorons dans quelle mesure et si cela est important. En outre, nous ne savons pas si l’art culinaire, comme d’aucuns le prétendent, ne fait pas apparaître des molécules étrangères à la nature et auxquelles notre organisme, nos ferments ne sont pas adaptés, et, si tel est le cas, ce que deviennent ces molécules ?

Il y a peu de temps encore on croyait que les graisses n’étaient là que comme porteuses de calories et que l’on pouvait parfaitement s’en passer. Puis, on a reconnu  certaines d’entre elles indispensables à la vie ; on les a appelées essentielles. D’autres sont nécessaires pour le transport des vitamines liposolubles. On sait enfin aujourd’hui qu’aucune cellule ne peut se passer de corps gras, qu’ils sont parties constituante de toute membrane cellulaire, et se lient à ses protéines pour former des corps gras complexes appelés lipoprotéines. Et, sachant tout cela, on se permet de consommer des corps gras artificiels aux molécules totalement étrangères à la nature. » 

La  Doctoresse Kousmine veut parler des graisses animales, qui n'existent pas en l’état, dans la nature. Ceci revient à dire, que la graisse de la viande consommée ou le beurre, sont à proscrire et à remplacer par des graisses issues des graines oléagineuses, qui poussent sur les arbres : Noix, noisettes, amandes, châtaignes, noix de cajou, noix du Brésil, pignon de pins etc.  


«EN ABSORBANT DES GRAINES COMPLETES, possédant encore leur pouvoir de germination, nous mangeons quelque de chose de VIVANT. Qu’est que cela signifie pour notre organisme, pour notre santé ? Quel est l’impact sur notre résistance physique, sur notre immunité, sur notre équilibre psychique et, plus généralement, sur toutes les fonctions de notre corps ?          

LA PERTE DE L’INSTINCT DANS LE CHOIX DES ALIMENTS, L’ABANDON DES MOEURS ALIMENTAIRES ANCESTRALES,  LA MULTIPLICATION DES MALADIES DEGENERATIVES.

Nous ne pouvons vivre sans manger. Les animaux possèdent la faculté de choisir spontanément l’alimentation idéale pour leur espèce. Ils sont guidés en cela par une intelligence appelée instinct,  faite  de souvenirs héréditaires. L’homme hélas, si intelligent par ailleurs, a perdu cette précieuse aptitude, se manifestant parfois chez les jeunes enfants. Ainsi voit-on des bébés refuser une partie des biberons qui leur sont offerts et régler exactement leur ration de façon à assurer une croissance normale. De tels bébés sont mieux orientés sur leurs besoins que ne le sont leurs mères.  Autre exemple : un petit enfant refusait et recrachait le riz blanc dénaturé, mais adopta d’emblée le riz complet, dont il demanda une deuxième portion. Les adultes ont perdu l’instinct. Il faut donc qu’ils le remplacent par des connaissances leur permettant de comprendre comment il faut se nourrir. Ces connaissances peuvent aujourd’hui que très rarement  être acquises en famille. Ces notions ne sont pas enseignées dans les écoles et c’est cette lacune que nous cherchons à combler ici.







SUITE I

Notre corps dont la structure est  complexe (on estime que le nombre des diverses substances qui le constituent est de l’ordre de 100 000) s’est formé et subsiste grâce aux éléments chimiques apportés par les aliments. Tous les jours il se détruit, s’use... et les parties détériorées doivent être remplacées.

Nous devons choisir nos aliments de façon à fournir à notre organisme toutes les variétés de substances dont il a besoin. Ce choix n’est pas différent. Il est clair à chacun  qu’il ne serait guère possible de  conserver une santé intacte en se nourrissant par exemple de sucre blanc et d’eau.  Il est moins évident  déjà, que se nourrir presque uniquement de café au lait et de pain trempé, comme le font nombre de vieillards, ne pourvoit pas à tous les besoins de l’organisme. Le lait n’est-il pas sensé être un aliment complet ? Il n’est pas heureusement  nécessaire d’apporter chaque jour à notre corps toutes les substances dont il  est fait, mais bien celles, il y en a environ 45, qu’il n’est pas capable d’élaborer lui-même, et qui sont les matières premières indispensables à la confection de toutes les autres. Notre nourriture DOIT donc être variée. Si tel ou tel élément nutritif vient à manquer dans notre alimentation, le corps s’appauvrit ; peu à peu sa vitalité diminue et des troubles, dits de carence, apparaissent. Certains de ces troubles, telles avitaminoses (manque de vitamines) et hypovitaminoses (trop de vitamines) sont bien connues. Mais avant que la science ait été en mesure de découvrir les rapports existants entre certaines maladies et les défauts nutritionnels, l’homme au cours d’une expérience millénaire a fixé des traditions alimentaires lui permettant de préserver son existence et sa santé, dans une nature jadis hostile, où il fallait constamment lutter pour survivre.

Ainsi se sont établies des normes alimentaires, transmises de génération en génération, très longtemps de façon immuable ; surtout dans le paysannat qui, au début du siècle encore, était considéré comme le réservoir de la santé publique, par opposition aux habitants des cités. Les peuplades nomades, primitives, se sont d’abords nourris de racines et de fruits sauvages, des produits de la pêche et de la chasse, parfois aussi d’insectes, assurant ainsi à l’homme un apport de  végétaux et de viande fraîche.

Au début, avant la connaissance du feu, tous ces aliments étaient consommés CRUS. La cuisson a augmenté la gamme des aliments employables, tout en altérant certaines de leurs propriétés, et cela sans que l’homme en prenne conscience. Plus tard sont apparus l’élevage du bétail et les cultures céréalières, potagères et fruitières, qui ont considérablement amélioré la condition de l’homme et peu à peu supprimé les aléas dus aux hasards des chasses et des ramassages. L’homme a appris à conserver les aliments et a ainsi fait disparaître les famines, en particulier printanières, dues à la mauvaise soudure entre les récoltes. Il a développé les moyens de transports  et supprimé les disettes causées par les intempéries, les sécheresses, les inondations et autres fléaux naturels et destructeurs. Dans nos pays occidentaux, l’homme s’est installé dans un confort alimentaire quantitatif, inconnu jadis.

Mais voilà qu’au cours de cette fantastique évolution si favorable pour lui, sont peu à peu apparues depuis près d’un siècle de maladies nouvelles toujours plus nombreuses. Jadis rares ou mal connues, ces maladies étaient souvent réservées aux personnes âgées ou, très curieusement aux classes aisées. Appelées DEGENERATIVES, ces maladies minent actuellement la santé d’individus de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes. Paradoxalement, certaines d’entre elles disparaissent pendant le rationnement des périodes de guerre. Voici quelques maladies dites DEGENERATIVES.

1°  La maladie dégénérative la plus répandue dans notre Société et la plus précoce - elle est présente  chez les jeunes enfants- est la carie  dentaire.

2° Des troubles digestifs chroniques apparaissent. Le plus souvent il s’agit de constipation, alternée ou non avec de la diarrhée, de lourdeurs d’estomac, d’aigreurs,  de ballonnements.

La capacité fonctionnelle du foie baisse. La composition de la bile s’altère ; des calculs se forment dans la vésicule biliaire. Chez la femme, les menstruations deviennent douloureuses parce que le foie ne règle plus, comme il le doit, l’équilibre hormonal.

4° La femme d’aujourd’hui est beaucoup moins vigoureuse que celle des temps passés. Trop souvent, elle n’arrive plus à allaiter normalement son enfant et c’est l’agalactie. Où sont les paysannes dont  on nous parle encore,  qui mettaient à cuire leur  pain au four, allaient accoucher et revenaient sortir le pain quand il était cuit ?? Elles donnaient le sein à leurs enfants pendant un an et davantage.

5° Viennent ensuite par ordre de préférence, les troubles allergiques  ou d’hypersensibilité, avec leurs manifestations si variées. Localisés à la peau, ils prennent le nom d’eczéma ou d’urticaire ou encore de neurodermite. Ils s’appellent rhume des foins ou rhinite vasomotrice s’ils ont pour siège la muqueuse nasale, asthme ou rhumatisme selon qu’ils atteignent les bronches, les articulations ou les muscles. Tous ont pour point de départ la mauvaise étanchéité, la trop grande porosité de nos tissus de revêtement, devenus incapable de nous défendre contre les agressions du milieu nous entourant.

6° La mauvaise défense de l’organisme avec, comme conséquence la tendance anormale aux infections banales, si fréquentes chez les enfants, aux infections virales, à la tuberculose. Cette défense insuffisante est favorisée par le manque d’étanchéité de nos revêtements et par une déficience de notre système immunitaire.

Les troubles vasculaires qu’ils s’appellent varices, thromboses et embolies, artérites, artérioscléroses ou infarctus du myocarde.

Les troubles métaboliques et glandulaires  et parmi ceux-ci tout spécialement l’obésité et le diabète.

9° Les maladies tumorales, dont le cancer qui, rare au siècle passé, atteint aujourd’hui un individu sur quatre et en tue un sur cinq.

10° Les affections dégénératives du système nerveux, telles la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques.

11° A cette liste largement incomplète, il faut ajouter la fréquence croissante des malformations diverses, dues à un affaiblissement du matériel génétique transmis aux enfants, et la stérilité de certains couples de plus en plus nombreux.

Qui aujourd’hui peut se prévaloir de n’être atteint d’aucunes maladies génératives, dites de civilisation ???? Nous pensons qu’il n’y a personne, parmi les adultes, qui n’ait quelques dents cariées ou telle autre déficience et ne se prépare pas à en présenter d’autres.

POURQUOI  en est-il ainsi ? POURQUOI cela empire-t-il ? POURQUOI  la majorité des jeunes aviateurs américains morts à la guerre de Corée en 1952, entre 23 et 26 ans et plus des trois-quarts des soldats américains tombés au Viêt-nam, leur moyenne d’âge étant de 22 ans, ont-ils été retrouvés si prématurément et, pour une part, si gravement artérioscléreux ? L’artériosclérose coronaire et cérébrale avait chez 15 % d’entre eux, diminué le calibre des artères de plus de moitié ! POURQUOI des enfants de 15 ans et moins meurent-ils brusquement, comme des adultes de 45 à 60 ans, d’infarctus du myocarde ? POURQUOI ouvre-t-on  dans les grandes villes, des hôpitaux spécialisés pour enfants cancéreux, alors qu’au début du siècle, l’enfant cancéreux était rare ?

Au cours des siècles passés, les habitants «trop bien nourris «des grandes villes ont dégénéré. Leurs familles se sont éteintes et ont été remplacées par celles venues des campagnes, aux habitudes beaucoup plus frugales.  George Hansen écrit en 1889 : En Allemagne, les grandes entreprises commerciales et industrielles ont été construites par d’anciens paysans fraîchement émigrés des campagnes. Leurs fils, cependant, ont été à peine capables de maintenir ces entreprises et les petits-fils encore moins. Dans les conditions d’opulence citadine, l’esprit de créativité s’épuise en quelques générations. Parfois l’intelligence reste bonne, mais la volonté, la ténacité et l’amour du travail font défaut.

CE QUI EST NOUVEAU ET ESSENTIEL ?

C’EST QUE LE PAYSANNAT QUI, LONGTEMPS A REPRESENTE LA RESERVE DE SANTE DES PEUPLES,  SE TROUVE AUJOURD’HUI AUSSI TOUCHE PAR LES MALADIES DEGENERATIVES, QUE LES AUTRES CLASSES SOCIALES. Le paysan, travailleur de force, croit actuellement que la VIANDE  et la GRAISSE lui fournissent le plus d’énergie. Sa nourriture est beaucoup plus riche en ces aliments  que jadis, mais sa santé s’est altérée.

Dégénérer signifie perdre des qualités propres à sa race.

Deux faits très importants sont venus au XIXème siècle, modifier les traditions alimentaires. Le premier a été la mise à la portée de tous : le sucre blanc raffiné ; le deuxième, le remplacement progressif de vieux moulins à main, à vent et à eau par les meuneries modernes. Il y a moins de deux siècles, on ne trouvait sur le marché que du sucre de canne importé des tropiques, donc cher. Sa technique de préparation est simple : la canne à  sucre est fragmentée et macérée. Le jus obtenu est évaporé jusqu’à cristallisation. Ce sucre n’est que peu raffiné  et garde une couleur brune.

Au moment des guerres Napoléoniennes et du blocus continental, le sucre de canne ne parvient plus en Europe. Napoléon encouragea grandement la production du sucre, que des chimistes allemands avaient extraits de la betterave. Cependant en employant le même procédé d’extraction que pour la canne à sucre, le produit obtenu était d’un goût désagréable. Il fallut le purifier jusqu’à l’obtention du beau sucre  blanc que nous connaissons. Mais, lors de  ces purifications successives, toutes les substances minérales, toutes les vitamines qui accompagnent le sucre et en permettent l’emploi par la plante, en particulier le facteur d’utilisation du glucose à base de chrome furent éliminées. On obtient une substance chimiquement pure donc morte au goût agréable, mais uniquement porteuse de ce qu’on nomme aujourd’hui des CALORIES VIDES.

Avec l’apparition des meuneries, la production de la farine blanche est devenue chose aisée et le pain blanc, considéré jadis comme le symbole de l’aisance et du bonheur, réservé aux seules classes possédantes, vint remplacer le pain grossier et noir, fait de farine complète. «  Avoir son pain blanc en premier «ne veut-il pas dire que la vie est plus belle et facile, d’abord ? Or, la farine blanche tout comme le sucre blanc, sont des aliments faits de CALORIES VIDES.

Alexis Carrel écrit en 1935 : meuniers et boulangers ont fait croire au public que le pain blanc est supérieur au pain brun. Par la machine, la farine est blutée et privée par ce biais de ses éléments vitaux. Mais elle se conserve mieux, et le pain se fait plus facilement. Les meuniers et les boulangers gagnent plus d’argent. Les consommateurs mangent, sans s’en douter, un produit inférieur. Et dans tous les pays où le pain est une partie essentielle de l’alimentation, les populations DEGENERENT.

Le professeur de physiologie A. Fleisch, dans son livre l’Alimentation et ses erreurs, publié en 1937, dit bien que la farine et les pâtes, représentant le tiers de notre alimentation, sont déficientes en vitamines et sels minéraux, éliminés par le BLUTAGE. Il importe pour chacun de savoir que toutes graines céréalières sont normalement formées d’une coque, d’un germe et d’une partie centrale.

Le germe et la coque sont riches en minéraux, en oligo-éléments indispensables à la vie (manganèse, cobalt, cuivre, zinc, chrome, sélénium) en ferments et en vitamines. Le germe contient les vitamines A et E et la coque les différentes vitamines du groupe B, dont c’est l’une des principales sources alimentaires. Ce sont également ces parties de la graine qui renferment les huiles et la vitamine F. Le centre lui, est formé essentiellement d’amidon. Dans la production de farine blanche, germe et couches externes de la graine sont séparés de la partie centrale et vont servir de nourriture au bétail. L’homme ne garde pour lui que la portion riche en amidon et de ce fait perd environ 70 % des substances les plus précieuses contenues dans les céréales.

La farine blanche, aliment MORT, se garde très bien car les prédateurs ne s’y intéressent pas : leur instinct leur dit que des substances indispensables à leur survie lui ont été enlevées ; ils ne la considèrent pas comme comestible et n’y touchent pas !

L’usage du sucre raffiné et de la farine blanche a remplacé l’harmonie fort complexe d’une nourriture naturelle, par la pauvreté d’une nourriture privée de facteurs vitaux importants. De telles pratiques abaissent jusqu’à dix fois la teneur de la nourriture de l’homme civilisé en certaines vitamines indispensables. Cela permet de vivre, mains NON D’ETRE BIEN PORTANT, ni de transmettre aux enfants, avant leur naissance, un capital de santé intact. L’avènement des grandes meuneries a rompu l’interdépendance étroite qui existait jadis entre le travail du meunier et celui du boulanger. On savait qu’il importait de se nourrir de farine fraîchement moulue.

Le blé était mené directement au moulin et la farine immédiatement employée. Les peuples civilisés anciens et les peuples primitifs d’aujourd’hui faisaient et font leur farine au jour le jour.  Les armées romaines d’antan, dont les exploits nous émerveillent encore,  partaient en campagne emportant avec elles du blé et du millet en grains, ainsi qu’une meule par unité d’armée appelée cohorte. La mouture était faite quotidiennement.  Chaque soldat recevait 750 grs de graines par jour,  dont un tiers était consommé en bouillie le matin, deux tiers sous forme de galettes au cours de la marche. Lorsque faute de graines, ils devaient se contenter de  viande, ils étaient mal nourris !

Les femmes d’Afrique Noire pilent encore chaque matin pour la journée le millet, mais dans les HLM modernes africaines, mal isolées, les voisins se plaignent du bruit et cette coutume va se perdre.

Quant à nous, nous ne savons même plus ce qu’est de la farine fraîche. Nous ignorons quand a été moulu le grain de blé qui a servi à la confection du pain,  de la semoule ou des pâtes ; quand a été polis, écrasés et «tués » les grains d’orge perlée, le riz blanc ou les flocons d’avoine que nous mangeons. Cela n’est pas mentionné sur les emballages, d’ailleurs aucun consommateur ne s’y intéresse.

Or, le grain de blé, dans la perfection de sa structure, est construit pour se conserver vivant. Il peut même, nous dit-on, se garder des milliers d’années dans certaines conditions. N’a-t- on pas  fait germer et se reproduire du blé trouvé dans les tombeaux égyptiens ? Le grain de blé, écrasé et transformé en farine, cesse d’être vivant. Il meurt et devient cadavre. Incapable de garder sa composition primitive, il voit s’altérer progressivement à l’air ses éléments les plus instables : les vitamines. Il s’oxyde ;  certaines substances savoureuses disparaissent.

Il faut pour cela  de HUIT À QUATORZE JOURS seulement ! 

Or, il est de règle que trois semaines se passent entre le moment où la farine est produite et la confection du pain.  Des semaines, des mois s’écoulent entre le polissage du riz et sa consommation, entre l’instant où le grain de blé ou d’avoine est écrasé et celui où nous mangeons la semoule, les pâtes ou les flocons qui en dérivent. Nous acceptons ainsi de nous nourrir de vieux cadavres de graines dévitalisées.

Malheureusement, à ces premières déviations alimentaires sont venues peu à peu s’en ajouter d’autres qui ont encore abaissé d’une façon sensible notre ration quotidienne de vitamines.