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Introduction


Pourquoi écrire, quand des milliers d’individus privés d’emploi s’adonnent à cette activité ? La question semble anodine pourtant elle renferme l’essentiel du sens de la vie. A savoir :
  
  1. Etre libre,
  2. Se sentir utile,
  3. Tenter de découvrir pourquoi, sommes-nous-là.

Les motivations de l’auteur sont liées à ces trois points. Il se fait curieusement, un devoir de transmettre par l’écriture à ses contemporains, son expérience. Bon nombre d’entre eux disent pourtant :

« En quoi ce qu’a fait un auteur, ce qu’il pense, peut intéresser autrui ?»

De fait, un auteur ne s’adresse ni aux égocentriques, ni aux égoïstes, pas davantage aux nombrilistes. C’est pourtant de ces adjectifs peu flatteur, que les auteurs sont affublés notamment par ce qui le sont, réellement !

Ne faut-il pas se détacher entièrement, de sa propre personne, pour pénétrer le  cerveau d’autrui ? Cette qualité essentielle, pour aimer la lecture, semble peu répandue, puisque les adeptes de la facilité disent des auteurs « Cà n’a aucun intérêt ». Sous entendu, puisque cela ne parle pas de moi, en quoi la vie d’un autre peut-elle m’apporter quelque chose ?

Cependant, quand l’enfant exprime « Je n’aime pas lire », c’est l’action de suivre des mots qui s’enchaînent à l’infini, qu’il estime rébarbative, non l’histoire dévoilée en filigrane ! Maintenant, si ce même enfant, ce lecteur potentiel, commence à pénétrer dans un monde entièrement détaché du sien, alors la découverte d’un décor nouveau, de personnages inconnus, de situations exceptionnelles, l’emportera au cœur d’un univers jamais exploré, où la matière physique de son être, n’existe plus. C’est en cela, que la lecture est magique...  

Disons-le clairement. Le lecteur passionné n’est rien d’autre qu’une espèce de voyeur, empruntant les méandres d’existences sans rapport avec la sienne. Par-là, l’auteur fournit au lecteur des éléments neufs, s’ajoutant à sa mémoire procédurale qui développera par la suite des raisonnements nouveaux, la faculté de pénétrer les raisons du comportement humain. Désormais, c’est un monde quasiment parallèle qui devient accessible au lecteur. 

Un auteur, puis un autre et encore un autre, procure à la multitude la possibilité énorme, de changer le monde car il intervient intimement sur chacun des lecteurs. Ceci étant, lequel du lecteur, de l’auteur, est-il nombriliste ?

Par bonheur, l’héritage culturel littéraire est riche et nous serions bien en peine de déterminer d’où nous venons, si aucun n'avait eu la sagesse d’accomplir une tâche primordiale, qu’est la transmission du savoir par voix orale d’abord, puis par l’écriture. Et puis, à quoi servirait-il d’accumuler des connaissances s’il fallait les garder pour soi ? Pourquoi forme-t-on un professeur de Lettres Es Sciences, un architecte, un artiste peintre, un journaliste, un maître de recherche au C.N.R.S, une créatrice de mode, le tourneur, un éboueur, une vendeuse, une retoucheuse, une infirmière, un coiffeur, un maître d’école, un biologiste, l’ornithologue, un comédien, s’il devait à terme bêcher son jardin, observer l’envol d’oiseaux le reste de sa vie ? 

Instruire ses enfants, des personnes rencontrés au hasard de  déplacements, sur un lieu de travail, semble à celui qui écrit, insuffisant. Car l’auteur ressent un besoin incontournable de communiquer par l’écriture la synthèse de ses lectures, brossant une vision dépouillée des choses simples de la vie. Il s’abstiendra donc, d’imiter tel un perroquet, ceux qui ont écrit des milliers de pages, ceux qui ont formulé un résumé hâtif de graves conflits politiques, parfois intellectuels, aux cours d’entretiens radiophoniques, télévisés, journalistiques. 

Pénétrer le sens caché des mots, prononcé à tort et à travers par la multitude, démontrer enfin pourquoi dans ce monde matérialiste, tout n’est qu’illusion, mensonge, sournoiserie, tel est son but.

Voilà l’objectif qu’il s’est imposé quand les valeurs fondamentales prennent un virage déstabilisant l'humanité, qui au fond, est restée la même depuis la nuit des temps.  Elle ment, se ment, se cache la vérité, se croit bonne, intelligente, généreuse, propre à l'égard d'autrui et surtout estime détenir la vérité. Mais existe-t-elle ? Y en aurait-il plusieurs, sous le soleil ? 

L’auteur de cette histoire a écrit en italique dans le texte, ce qu’il pense, ce qu’il perçoit d’une situation, d’un événement de façon à conduire le lecteur, la lectrice, à dévoiler ce qui est occulté par les héros de romans, les dirigeants des pays, les journalistes, les mentors… utilisant des mots de tous les jours. 

Ce texte est dédié à ceux qui ont partagé un pan de ma vie et qui ont fait de moi, celle que je suis. 




CHAPITRE  I

Les débuts de l'existence d'Hélène


Bien qu’âgée de huit ans, Hélène était une petite fille candide, simple, sage, pleine d’une joie intérieure indestructible. Elle naquit psychologiquement, un 18 avril 1957, date à laquelle son père partit pour un voyage dont personne ne revient. C’était à la suite d’un cancer des bronches. Et brusquement, ce fut comme ci le monde lui était tombé sur la tête !

Comment vivait-elle auparavant ? Qui peut le dire ? Le bonheur glisse sur les êtres, tandis que le malheur les écorche, à vif ! Tristement, il a clos en un tour de main, une joie de vivre intense. A la place, ce fut les larmes, la peur d'autrui, de vivre, d’exister, engendrant de nouveaux malheurs... à n’en plus finir. Ce dernier ressemblerait à une insatiable sangsue, jamais repue, toujours plus vorace, collant à la peau de la victime à l'image de l’inguérissable psoriasis !

Quelques mois plus tard, elle fêta en silence, sous un soleil de plomb, son huitième anniversaire. Elle était entourée des amis d’enfance, les vrais, les seuls, ceux dont le chagrin de la séparation est demeuré vivace, des années après. Elle les quittera pourtant, contrainte et forcée, portée par des événements, seulement compris des grands. C’était un matin radieux du mois de septembre 1961.

Oui, Alger était belle, chaude, reluisante, brillant de mille feux, à l’image des autres étés depuis 1854. Pourtant, le temps de l’abandonner était venu. L’endroit presque magique, déchiré par une guerre froide autant meurtrière qu’inutile, devait être de nouveau dirigé par des autochtones musulmans, pas les autres, c'est-à-dire les colonisateurs français.  

Malgré elle, Hélène devint une déracinée. Par bonheur, ces derniers ont la particularité de se sentir chez eux, partout et nulle part. Pourtant, ils sont des millions gravitant autour du globe, éprouvant un indéfinissable tiraillement intérieur qui les habite jour et nuit. Rarement, ils embrassent la sérénité, formulant  « Je suis chez moi, ici ». 

Etonnement, Hélène à l’intime conviction de vivre au moins, quatre vingt quinze ans, ignorant sous quels cieux, elle sera à ce moment. A l'opposé, les gens heureux naissent, vivent et meurent où ils sont nés, exprimant :

«C’est chez moi, ici. Cette terre a appartenu à mes ancêtres. Aujourd’hui, j’en suis le gardien. Aussi dois-je la chérir, l’entretenir jusqu’à ce que mon fils prenne la relève...».

Limiter l’environnement à soi-même, voilà un bien étrange comportement. Pourtant, que font les décideurs en politique, ceux qui sont dépourvus de bon sens, de pragmatisme ? Qu’adviendra-t-il des conséquences de décisions prises au cours d’une investiture quand ces derniers engagent une guerre contre le pays voisin, vendant clefs en mains des centrales nucléaires à des pays abritant des terroristes sans scrupules, capable de détruire la terre entière ? Qu’à cela ne tienne !

« S’ils voulaient être «décideurs» il fallait naître dans une famille nantie ; il fallait étudier de longues années, fréquenter de grandes écoles ! Maintenant que je suis parlementaire, sénateur, ne suis-je point intouchable ? Ne bénéficiai-je point de l'immunité parlementaire, sénatoriale me protégeant de n’importe quelle attaque, d’où qu’elle vienne ?» Pensent-ils. Quelle attitude adopteraient-ils, s’ils n’étaient point Enarque, Centralien, Polytechnicien ? Il est permis de se poser la question... 





La colonisation

Ne nous y trompons point. Les colonisateurs d'hier n'avaient qu'un seul objectif : servir des intérêts personnels, jamais partagés et au diable les autres ! Tous les autres.  Ils ont exploité une main-d’œuvre à bas coût, bafouant les droits de l’homme prôné par Amnisty International, comme tant de pays à travers le monde.

Pratiquement, sans délier le cordon de la bourse, ils se sont servis de matières premières nécessaires au fonctionnement de la France, de la Grande-Bretagne, de la Belgique, de la Hollande, de l’Allemagne laissant les coffres des pays colonisés vides, accordant le minimum vital aux exploités afin de subsister et continuer à leur servir !

Cela dit, une belle part de gâteau va toujours dans l’escarcelle des dirigeants des pays pauvres et de leurs armées de métier, toutes nationalités confondues. Le salaire de l'administration est une lourde charge certes, mais les dessous de table ne représentent- ils point une part essentielle, aussitôt engrangé dans des paradis fiscaux connus de tous ?

C’est ce que signifie en politique « Nos intérêts africains »  qui  finit par coûter très cher au contribuable français, autorisant les nantis à réaliser de substantielles plus values sur le café,  le cacao de la Côte d’Ivoire, le gaz naturel algérien. Le butin est réparti entre dirigeants du Continent africain et de grosses pointures françaises, anglaises, américaines, russes, allemandes, hollandaises, belges… pendant que les peuples s’entre- tuent, meurent de faim,  sur un sol aride et caillouteux.

Le déraciné

Il peut ressembler à la bouture d’un arbre tropical dont le plan serait repiqué à la branche d’un autre, en terre étrangère où il gèlerait l’hiver, serait noyé à l’automne et manquerait atrocement d’eau à la belle saison. L’horloge biologique de l’être s’en trouve alors gravement perturbé et ce, tant que la vie, demeure en lui. C’est la raison intime, du sentiment ténu de vivre en transit de façon permanente, même si cela compte cinquante, soixante ans parfois davantage, d’une vie ailleurs.


Il en est ainsi à l’endroit d’Hélène. A chaque emménagement, sitôt habituée aux voisins, au marché, aux rues piétonnes, aux boutiques, à la boulangère, à  la caissière du Prisunic, elle sait d’avance, qu’ils intégreront bientôt, le passé. Un beau matin, elle pliera bagages, poursuivant sa quête d’ailleurs. L’existence continuera sans eux, voilà tout. Pense t-elle.

Cela dit, Hélène n’éprouve aucune nostalgie à l’égard de l’Algérie. C’est un pays aujourd'hui meurtrie, désorienté, appauvri, qui semble avoir perdu la raison. Quel rapport y a t-il entre l’Algérie des jours heureux et celle qui passe aux informations ? C’est une époque révolue, ayant intégré une mémoire collective, celle des pieds noirs.

Cette fin de siècle montre une Algérie déchirée, mise à feux et à sang par quelques cerveaux déréglés, exploitants honteusement l’ignorance, la misère, semant la terreur au nom d’Allah, visant des intérêts identiques aux colonisateurs d’hier !

L’instruction éclaire les esprits obscurs, les éloignant du même coup de la religion et inversement. Ce pays est tristement armé d’une armada de Mosquée dont les dômes des Minarets surgissent au-dessus des villes, telle une fourmilière géante.  

La toile paraît semblable, partout où l’Islam répand une peur sauvage dans les cœurs. Ils promettent aux jeunes gens sans travail, peu ou pas instruits, le repos éternel à eux et à leur famille, s’ils acceptent de poser des bombes, au péril de leur vie. Ces êtres crédules, souvent au bord du gouffre, n’ont rien à perdre. Alors... ils acceptent.

Grand merci au Seigneur d’avoir créé dans l’imaginaire collectif des Chrétiens et des catholiques, l’enfer. Ne les préserve-t-il point en temps de paix, de mauvaises actions, ce qui n’est pas le cas des extrêmistes-musulmans ?

La stratégie politique et religieuse usitées,  est simple : Endoctriner un grand nombre de fidèles, sous le sceau de Mahomet, d’un Emir, d’un Président, en vue de les manipuler, tels des pantins tenus par des fils invisibles, dont les chefs tirent les ficelles au gré d’intérêts personnels et divisés entre eux.

Pourquoi les pauvres du monde entier sont-ils exploités depuis la nuit des temps ? Auront-ils droit au bonheur, un jour ? Jusqu’à quand un petit groupe de privilégiés, toujours de la même souche, asservira-t-il des millions d’individus ? L'insoutenable gageure cessera-t-elle. Notons qu'à l'inverse, parmi les pays industrialisés où le savoir est répandu, même les plus démunis boudent les lieux saints restant désert. Cette constatation parle d’elle-même.


Revenons à Hélène

L’Algérie derrière elle, ses espoirs de fréquenter l’université s’envolèrent comme les cigognes au printemps. De fait, l'année du décès de son père, sa scolarité fut écourtée. Ce temps relativement libre, lui fit prendre conscience de nombreuses réalités : la vie, la mort, le temps qui file plus vite que l’éclair, de l’importance du quotidien où l’argent règne en Maître et Seigneur et  gare, s’il vient à manquer ! 

Face à ces éléments capitaux, le calcul mental, les multiplications, la résolution des problèmes, la géographie, lui parurent bien dérisoires. Ceci engendra le redoublement du cours moyen2. De plus, la conversion des millions en milliards lui fut fatale ! Monsieur Durand, alors directeur de l’école primaire de Ben-Rouilah promit, devant la moue de la femme en herbe :

«Ne faites pas cette tête là. Vous refaites un CM2 et je vous obtiendrais une dispense de deux ans pour entrer en sixième.»  La bouée de sauvetage lancée, arracha  à Hélène un demi sourire, mais s’avéra par la suite, irréalisable.


Marseille
            
Parvenue saine et sauve sous les bons auspices de Notre-Dame de la Garde, Madame Virama, alors Directrice du groupe scolaire boulevard Pardigon aux Chutes Lavies, fit redoubler toutes les «nouvelles» venant d’Algérie ! Globalement, il devait y avoir six élèves, sur une école primaire de quartier... C’était peu. Pourtant, l’avenir de ces femmes de demain se joua-là, sur une regrettable négligence de l’académie de Marseille. Rien, n’avait été prévu pour les rapatriés : ni examen d’entrée, ni contrôle des connaissances. Pourtant, en Alger, le «niveau» des élèves était supposé plus élevé qu’en Métropole ! Même un jeune esprit, ne pouvait estimer cela, équitable.

Vexée, le visage fermé, la jeune fille ruminait dans sa tête, repassant le film de la plage de Sidi Ferruche, le visage des amis d’enfance. C’était les enfants Farmotte, les Tarnys. Ensuite, c’était le déroulement de l’enterrement du père, puis le comportement que ce dernier avait eu, lors d’un incident exceptionnel.

Ce matin-là, Hélène s’était un peu trop approchée de la chaussée. Une quatre chevaux verte, la traîna par la jambe sur plusieurs mètres ! Elle repassait également, les récentes charges de travaux qu’elle s’était elle-même attribuées, à la maison.

La Maman filait le matin, afin de gagner le pain quotidien. Aussi, le temps libre de la mère se vit-il réduit à peau de chagrin ! Devant les faits, Hélène eut donc l’idée de la remplacer à la maison, mais ses résultats en pâtirent. 

Pourquoi, pour qui, ai-je besoin de fournir autant d’efforts ? Que fais-je ici, parmi ces inconnus ? Non, ce ne sont pas mes amis. Les Farmottes sont retournés étudier chez les Frères, à El-Biar. Sylvain Tarny s’est engagé dans la marine, pour cinq ans. Tant mieux, car je le sentais si malheureux auprès de sa mère, tellement autoritaire envers lui, qui semblait tellement sensible. Elle était odieuse... laissant volontairement ses chaussettes sales, afin qu’il les frotte...  Sur qui se vengeait-elle ? N’était-ce point son unique fils, de son sang, de sa chair ? Je revois Sylvain se confiant à Marianne, des larmes pleins les yeux.... Pourquoi concevoir des enfants,  si nous ne sommes point capable de dire : Je t’aime.


Aujourd’hui, Hélène donnerait tout, pour revivre l’accident. Elle avait envie de revoir son père volant à son secours. Oui. Il avait accouru aussitôt, emportant l’enfant meurtrie entre deux bras forts, chez un médecin qui lui administra une longue piqûre antitétanique.

C’était si agréable d’être entouré d’un grand amour, plutôt que d’être à l’école ! Je revois aussi, ce premier jour, de rentrée des classes au cours préparatoire. Grand et fière, père m’avait conduite jusqu’au centre de la cour de récréation, parmi les autres enfants. Curieusement, j’avais le sentiment de le guider moi, la plus jeune, la plus fragile, la plus petite des deux. Il est vrai qu’il avait alors quarante-sept ans. N’était-ce point l’âge d’un grand-père, plutôt que d’un père ? Je t’aime et tu me manques. Ne me protèges-tu point, de là-haut ? S’il te plaît, aide-moi à vivre dans ce monde, où chaque jour est un peu plus difficile. J’ai si peur, privée de toi... .    

Un matin, les benjamines étaient prêtes à quitter l’appartement afin de se rendre en face, à l’école, quand Cécile fut prise de violentes douleurs au bas ventre.

«Hélène, viens voir, vite !» Lança  Cécile  

«Oui. Qui a-t-il ?» Répondit l’aînée

«J’ai du sang, sur ma culotte !» Poursuivit-elle, effrayée.

« Du sang ? Tu es sûre !» S’exclama Hélène. 

«Oui. J’en suis sûre.»

«Bon. Ne sois pas inquiète… Ce sont tes premières règles, ma vieille !» Dit l’aînée se dirigeant dans la salle de bains afin d’y chercher une serviette hygiénique en éponge. 

«Tu crois vraiment. Et si c’était autre chose ?» Poursuivit-elle

«Mais non ! Tu es en âge d’être réglée, enfin. Que vas-tu imaginer ? Mets cette serviette et dépêches-toi. Madame Virama, ne nous fera pas de cadeau. La cloche a sonné depuis maintenant cinq minutes !» Bien qu’étant au courant, de la transformation imminente de son corps, Hélène quant à elle, ne pouvait pas y consacrer moins de cinq minutes. Et puis Cécile fut affolée, à la vue du sang.  Elles  habitaient en face de l’école, alors que la lourde porte de bois s’ouvrait à huit heures quinze, onze heures trente, treize heures quinze, puis seize heures trente.

Pas très fières, Hélène et Cécile appuyèrent sur la sonnette. Madame Virama intervint personnellement.

«Comment ! Vous habitez en face et vous vous permettez d’arriver en retard ?» Lança-t- elle, avec véhémence. 

«Excusez-nous Madame, çà n’est pas notre faute.»  La directrice, qui n’entendait rien, se lança dans une longue tirade. Hélène fixait le sol, amplifiant sa moue habituelle. Elle attendait patiemment que la réprimande cesse, puisque les deux avaient décidé de taire l’incident, qui au fond, ne regardait personne ! Ce comportement fit redoubler de colère la directrice, poursuivant éloquemment.

«Quelle effrontée, celle-ci !» Surenchérit-elle, dans une cour vide où l’écho prit soudain de l’ampleur.

Elle croit comprendre les  enfants, alors qu’elle n’en a pas. Je parie qu’elle est fille unique... Comment mesurer dans ce cas, la charge d’une petite sœur ? Les adultes sont de grands enfants, devenus stupides. S’ils se mettaient à notre place, ils pourraient se poser les bonnes questions... répondant à nos attentes. A-t-elle demandé pourquoi, ce retard ? Non, surtout pas. Inintéressant.


A la fin du «second» cours moyen deuxième année, sans dispense à la clef, Hélène embrassa la filière du Certificat d’Etudes Primaire. A cette époque, c’était l’usage. Un petit nombre seulement, intégrait le lycée. Plus tard, les écoliers quitteront le cycle du premier degré, pour entrée en sixième des Collèges, jusqu’en troisième. Ensuite, il y avait le dernier cycle qui s’effectuait au Lycée. En première, l’année s’achevait en passant la première partie du baccalauréat. En terminale, les élèves passaient les épreuves finales, du baccalauréat.

Certains suivaient alors la filière des I.U.T (Institut Universitaire de Technologie). Enfin, les meilleurs élèves prépareraient une entrée dans une grande école.


Le cursus de Cécile

A son arrivée, obligée à redoubler le cours élémentaire deuxième année, elle totalisa en fin d’année, une moyenne générale de quatre vingt dix huit points sur cent ! Confuse, Madame Virama proposa d’obtenir auprès de l’Académie de Marseille, une dispense, de deux ans. C’est ainsi que Cécile fréquenta le somptueux Lycée Longchamp, l’équivalent du Janson de Sailly, parisien. La première fois qu’Hélène cueillit Cécile à la sortie, elle pensait s’être trompée, imaginant qu’il s’agissait d’un jardin public ! De fait, le cadre abondait en massifs fleuris, de hauts arbres centenaires, d’allées ombragées où de jolis bancs épars attendaient un personnage. Parvenue devant le corps de bâtiment ancien, elle en avait oublié le motif de sa visite. Que suis-je venue faire ici ?  Ah oui ! Cécile...

Confusément, l’aînée prit conscience qu’elle aurait dû plus se concentrer sur les disciplines enseignées, approfondissant les solutions en mathématiques, assimilant les rudiments du Français, les dates historiques au lieu de prendre des responsabilités, qui sont celles d’une maman, et non celles d’une enfant. Ce comportement aurait été plus égoïste, certes, mais aurait présenté l’avantage d’obtenir de bons résultats. En bout de course, c’aurait été un  passeport pour la faculté de médecine, l’école des Arts appliqués... Sa vie future aurait été sensiblement différente, mais Hélène privilégia le présent immédiat, au détriment d’un futur plus lointain.

Je n’existe pas. Aujourd’hui j’appartiens à Maman, plus tard à l’Amour de ma vie, ensuite à mes enfants. Puis le temps de penser à moi, sera alors venu. J’ai commencé tôt les corvées,  alors à la quarantaine, je baisserais le rythme. Ainsi, le  repos fera-t-il corps avec le quotidien, au même titre que le travail. L’énergie est éphémère, car dès vingt- cinq ans le compte à rebours est inversé, jusqu’au dernier souffle. Autrement ? Je ne durerais guère. Souvent, j’ai le sentiment d’aller au-delà des limites physiques et mentales atteignant  parfois, l’épuisement. A un moment, il faudra  réduire le temps des travaux à douze heures et non seize. Si j’avais été rémunérée toutes les heures travaillées, ne vivrais-je point dans l’opulence ???  Le  don de soi n’implique-t-il point un désintéressement, total ?

Elle avait une curieuse façon de raisonner. Sans doute était-ce-là le point crucial, qui, vers la quarantaine, la conduisit naturellement, au métier d’écrivain et rien d’autre, comme l’avait écrit avant elle, Victor Hugo. N’était-ce point une jolie façon d’appartenir aux autres, une fois encore ? A ce tournant de la vie, tellement difficile à négocier, notamment pour les mères, les adolescentes qui peuplaient alors sa vie, désertèrent la maison tentant une reconstruction, ailleurs.

Après l’école primaire

Le Certificat de fin d’Etudes Primaire en poche, équivalant au Brevet des Collèges actuel, Hélène se présenta à plusieurs examens d’entrée. Ce fut au sein d’écoles de commerce et au lycée Périer. Là encore, elle fit pratiquement, choux blanc ! Quinze jours après la rentrée des classes à l’O.R.T, elle reçut une convocation à en-tête du Lycée Périer.  

«Vous êtes reçue à l’examen du... Vous êtes donc admise en 4ème... Malheureusement, des travaux nous ont obligé à fermer des classes et à ouvrir une annexe, éloignée du centre ville. Si vous maintenez votre demande, veuillez vous présenter..... . » L’affaire se joua à deux points près !   

Au milieu d’un champ boueux, l’Académie de Marseille avait planté-là sept bungalows, en préfabriqué. Des jeunes gens arrivèrent bruyamment, installés sur des motocyclettes, arborant blouson de cuir clouté, jean et baskets aux pieds. Tout ce dont Hélène exécrait, à l’époque ! Sans doute était-ce par méconnaissance de la gante masculine, pris au sens général du terme, qui la faisait fuir, inexorablement...

En effet, depuis ce 18 avril 1957, neuf heures, Hélène, la fée des jours heureux et ses sœurs avaient évoluées en vase clos. Décidément, l’orpheline avait beaucoup de difficultés à intégrer un groupe, dans ce monde imparfait. Du reste, que savait-elle des hommes, des femmes, des sciences humaines, de la nature, de D…, des différentes croyances de l’humanité ? Ainsi, trois semaines avant la rentrée scolaire 1963, sans résultat aux examens, Clémence décidât d’inscrire Hélène à l’O.R.T (Organisation, Reconstruction, Travail) en section couture.

Il faudrait ajouter curieusement, car Clémence n’aimait point ce métier qui fut imposé par un père autoritaire, la mettant derrière une machine à coudre, à dix ans !  Pourquoi Clémence, l’adulte, avait-elle conservé le silence, face à Monsieur Signet alors directeur de l’O.R.T Marseille ? Ce dernier insista lourdement, comme s’il désirait ajouter un nom sur une liste où il manquait de candidates ! Il fallait atteindre un quota donc, et qu’importe de l’avenir de la jeune fille qui se tenait là, devant lui. 

«Vous savez Mademoiselle Benny, vous aurez bien des avantages à choisir un métier où vous pourrez élever vos enfants et gagner de l’argent, chez vous.»  Que sais-je du métier de coutière, de secrétaire ? Strictement rien. Alors l’un ou l’autre, qu’importe ! Maman ne cesse de me pincer sous la table. Et le directeur me demande de choisir. Je sens bien qu’il veut que je prenne la couture…

«Alors  Mademoiselle... Qu’en dites-vous ? » Insista t-il, le sourcil hirsute

«D’accord, la couture». Répondit-elle, afin de quitter au plus vite, le bureau exigu. 

«La couture, donc ? » Confirma-t-il.

«Oui Monsieur.» Répéta la jeune fille longue et maigre

«A la bonheur !»  Aurait-il insisté de la sorte, s’il s’agissait de sa propre fille ? Je verrais bien... plus tard, si Monsieur Signet à une fille. Effectivement, quand Hélène intégra la troisième année à l’O.R.T, une jeune fille d’un second mariage se présenta, après une seconde peu reluisante au Lycée. Elle se rejoignit évidemment, les «secrétaires» du moment et non celles qui apprenaient les méandres de la couture ! 

Les adultes sont d’éternels enfants, perpétuellement difficiles à décrypter. Sans doute serait-il profitable à chacun, de tenter l’expérience, après lecture de ce qui suivra, au sujet du comportement, des non-dits devant le responsable d’Etablissement :


Explication de l’attitude de la mère

La maman d’Hélène avait gardé le silence, car le Directeur représentait, non pas un père de famille soucieux de remplir une tâche de son mieux, mais devant l’insistance de celui- ci, il se substitua à l’image autoritaire de son propre père. Et bien qu’il s’agisse de l’avenir de sa fille, l’émotion plongea Clémence trente ans en arrière, face au géniteur. Ce dernier n’admettait aucune réplique, exigeant obéissance au doigt et à l’œil, sous peine de prendre la raclée de sa vie ! Le Directeur exploita inconsciemment, le trouble qu’il perçut chez la mère, pensant que la profession de la femme dans un foyer, n’est que subsidiaire à comparer à celle de l’homme.  

Pas seulement. Ne fallait-il pas combler une pénurie de candidates aux travaux manuels, faute de quoi il devrait en répondre devant sa hiérarchie ? Cette autorité était composée de donateurs anonymes fortunés, issus de la diaspora américaine comptant plus de six millions d’âmes, c'est-à-dire davantage que de citoyens Israéliens ! Ce sont les raisons qui poussèrent Monsieur Signet, plutôt faible de caractère, en dépit des apparences, à interroger une enfant plus malléable, qu’une adulte, sachant par ailleurs que la mère était veuve. La présence d’un père, avait ici cruellement manqué à Hélène et il en sera ainsi pendant des pans entiers de sa vie. La Maman, consciente d’avoir mal agi, à peine hors du bureau,  s’en prit lâchement à Hélène.

«Je rêve ma parole. Je ne voulais pas que tu apprennes ce métier. Je te pinçais sous la table, pour que tu dises non ! Et toi, tu ne trouves rien de mieux à dire : Je choisis la couture.» Lança-t-elle avec véhémence

«Dans ce cas, pourquoi n’as-tu rien dit, toi ?» Répondit la jeune fille

«Oh ! Tu me gagnes toujours, avec tes réponses !» La mère se tut. Sachant au fond, qu’elle ne lui avait point porté secours à un moment crucial de sa vie. Pire encore.

Hélène, mère à son tour, réitérera semblable attitude, devant l’institutrice de Karen, l’aînée de ses filles. Une seconde fois, ce fut devant le responsable du centre aéré, également professeur de Français au Collège fréquenté par Samantha, la benjamine !

L’incident avec Karen (fille aînée d’Hélène)

La petite devait partir en classe de neige sous la responsabilité de l’enseignante du cours moyen deuxième année, qui manifestait une préférence flagrante, à la camarade attitrée de Karen, pas à elle. De plus, quelques jours avant, Madame Ramier avait fait preuve d’une injustice avérée, envers la fille d’Hélène qui passa lâchement sous silence, l’incident, bien qu’au courant des faits.

A l’approche du départ, toutes les Mamans se tenaient sous le préau, formulant des recommandations à la maîtresse, aux enfants. Chacune était donc, agglutinée autour du prof, finissant par ressembler à la reine au milieu d’abeilles en exaltation ! Seul Hélène, se tenait à l’écart, sans lâcher la petite main de sa fille. 

Hélène observait le silence, devant cette espèce de toile, où il lui fut impossible de pénétrer. Sans lâcher la petite main de Karen, la voilà imaginant Madame Ramier dans le rôle de Rosemary’s Baby ! Quel déplaisir de devoir confier Karen, à une personne que je ressens aussi mal ? Si j’avais le choix, je la garderais auprès de moi... Franchement, je ne peux pas la recommander «mielleusement» articulant un flot de paroles hypocrites. Non, ceci m’est impossible, même pour ma fille.

Pourtant je le devrais. Car demain, j’aurais disparu de son horizon. Karen sera  seule face à elle et les forces seraient évidemment, inégales. Elle pourrait se montrer agressive, encore une fois injuste, user de son pouvoir... Limité, certes, car elles reviendront et Karen pourrait parler. Trois semaines... c’est long, loin des siens. L’impuissance est un sentiment détestable. Karen a raison. Cette femme paraît méchante. Non, ce serait exagéré. Disons qu’elle a un visage empreint de sévérité. Ses cheveux sont gris, le regard est vert, perçant. L’ensemble confère  une sorte de perversité.

Seigneur conduit mes pas, vers elle. Apporte-moi l’aide dont j’ai besoin... Au fond, qui représente-t-elle, pour moi ? Ca y est, j’y suis, Madame Rondo. La maîtresse que j’avais au cours élémentaire deuxième année. Sa voix était forte, cassante. Ses yeux étaient bleus, perçants, comme ceux de Madame Ramier. Oui bleu, vert, toutefois, ils étaient perçants.  J’étais dans sa classe, l’année qui a suivi le décès de père. Pourtant, quand elle s’adressait à moi, le ton semblait plus tendre. Seulement, je ne pouvais effacer de ma mémoire, le visage rougi de la maîtresse qui lui avait demandé de venir sur l’estrade. Elle leva alors la longue jupe rouge de notre camarade afin de la fessée, parce qu’elle ne savait pas la réponse à la question posée. C’était une musulmane fréquentant rarement le cours, suffisamment toutefois, pour que  ses parents perçoivent les Allocations Familiales !

Les mots que Madame Rondo avait prononcés, sonnent encore en moi :

«Mais je ne peux même pas te frapper tant tu es sale. Tu seras acceptée ici, seulement quand tu seras propre, de la tête aux pieds. Voilà. Propre, tu pourras revenir ici.» Répéta Madame Rondo, l’humiliant jusqu’au plus profond d’elle-même. En réalité, la maîtresse avait raison, puisque Farida faisait seulement acte de présence, ne participant à rien, s’enfermant dans un mutisme total, même si une question directe lui était posée. Probablement excédée ce jour-là, Madame Rondo vit rouge et voulut marquer le coup sur l’estrade, fessant Farida devant la classe, ébahie. Oui, elle l’avait lâchement humiliée « Oh !...» La couleur de ses yeux s’était assombrie, l’intonation était soudain puissante, rauque, sèche. Bref, j’en avais une peur bleue de Madame Rondo, craignant de lui déplaire, de prendre une gifle, de l’entendre crier sur moi, comme elle l’avait fait envers l’infortunée Farida...

Voilà exactement pourquoi, Madame Ramier paralysait Hélène, aujourd’hui. Elle était le clone, la réplique fidèle de Madame Rondo, sous d’autres traits. La brutalité de l’institutrice d’hier, remontait à la surface intacte, à vingt-quatre ans d’intervalles !

Par bonheur, Karen avait un père, parfaitement capable de la défendre, ce qui n’était point le cas d’Hélène au moment de l’incident de Farida, bien qu’âgée de neuf ans à peine ! Simplement, Guillaume était un jeune papa, ne se souciant guère de l’existence de ses filles, gagnant juste de quoi subsister, le reste pesant sur les frêles épaules d’Hélène.

Karen partit, revint au foyer et à mesure que le temps filait, les craintes d’Hélène s’envolèrent. La jeune maman avait conclu que si Madame Ramier l’avait observée de biais sous le préau, c’était certainement parce qu’elle se sentait fautive d’avoir administré une gifle imméritée à Karen, seulement deux jours avant le départ pour la classe de neige.

Si Madame Benny irait se plaindre à la Directrice, je pourrais dire adieu à ma demande de mutation, envoyée à l’Académie de Paris. Je serais pénalisée et la tête qu’elle affiche, ne présage rien de bon ! 

Quand deux personnes évitent le dialogue, la raison majeure est généralement, la crainte d’une éventuelle animosité de l’autre. Mais si de fortune, un protagoniste n’a rien à se reprocher, ce dernier se doit d’aller vers autrui, sans arrière-pensées, aucune. Cà n’était point le cas de Madame Ramier, ni celui d’Hélène. La méconnaissance de soi, entraîne la méconnaissance de ses congénères, générant de la peur, annihilant l’action !

Tristement, peu d’individus au terme d’une vie, parviennent à déterminer, qui ils sont, réellement. Chemin faisant, ces êtres repartent dans une nudité totale, comme ils sont venus, ignorant tout d’eux-mêmes, donc de l’humanité entière.  


Revenons au jour de l’inscription à l’O.R.T

Hélène avait ressenti la faiblesse de sa mère, devant Monsieur Signet. Karen perçut celle d’Hélène, devant sa maîtresse, au moment du départ vers de jolies montagnes. Plus tard, quand Karen fut une adulte, svelte, longue, intelligente, pleine d’une force tranquille sortira subrepticement, au hasard d’une conversation.

«Pourquoi n’avoir rien dit à Madame Ramier, le lendemain de la gifle ? Je voulais juste souhaiter un heureux anniversaire à Gaëlle. Tu savais, que je n’avais rien fait de mal.» Dit  Karen, à la grande surprise d’Hélène !

«C’est vrai Karen, j’aurais dû te défendre, seulement, j’étais à peine sortie du milieu scolaire... Très tôt, j’ai été submergée de responsabilités qui n’étaient pas les miennes. Devant ta maîtresse, je me suis sentie plus une élève, qu’une Maman confiant sa fille à une enseignante. Est-ce que tu comprends ? N'est-ce pas là, l'inconvénient majeure, d’être une jeune maman ? » Répondit Hélène

« Tu avais quel âge, quand ça s’est passé ? » Questionna-t-elle encore 

«J’avais une trentaine d’années et Madame Ramier, cinquante. Je ne te dis pas ça pour me défiler. Tu as raison, j’ai mal agi et l’âge importe peu. Tu comptais sur moi et je n’ai pas répondu «présent». J’aurais dû aller la voir, évoquant la bonne intention qui t’animait et combien la claque était imméritée. Avant de sévir, elle aurait pu t’interroger. Les adultes commettent des erreurs, autant que les enfants. Cependant, il est impossible de changer le passé et çà, il te faut bien l’admettre. Je suis sincèrement désolée. Je te le répète. »  Insista Hélène.

Dès lors, l’explication incita probablement Karen à penser autrement, et l’action inachevée a permis qu’elle mûrisse à son tour. Forte, d’avoir compris qu’une Maman n’est pas  toujours à la hauteur pour défendre sa progéniture, elle apprit que désormais, il ne fallait compter que sur elle-même, n’attendant rien attendre de quiconque. Pourtant, la morale de l’histoire, en phase de parvenir à maturité, Hélène récidiva avec Samantha, la benjamine Werther. 

  
Hélène la dilettante